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Vins des Globes 7 : la Nouvelle-Zélande

Cloudy Bay vineyards

C'est en Nouvelle-Zélande que le «Vins de Globes 2005 » pose cette fois ses valises. La « fraîcheur » est probablement ce qui caractérise le mieux les vins produits dans ce pays : sans contraintes ni complexes, les vignerons tentent de tirer le meilleur parti de leurs immenses domaines, et prennent plaisir à partager avec le public leur passion...

Premières impressions

Nous arrivons à Wellington en même temps que Florian, un ami venu de France. Après avoir loué un camping car, nous traversons le détroit pour arriver dans les vignobles de l’île du sud au petit matin.
Nous commençons par un bon petit-déjeuner au lever du soleil devant la mer, au milieu des vignes entourées de montagnes parsemées de moutons.
Le premier Maori que nous rencontrons nous fait visiter ses vignes en quad, en nous racontant l’histoire viticole de Cloudy Bay et ses fameux nuages de basse altitude dans le vignoble de Marlborough.

Marlborough

Les premiers domaines viticoles que nous visitons produisent tous d’excellents Sauvignons Blancs. Ces vins fruités aux arômes prononcés de citron vert, cassis et feuilles de tomates s’avèrent bien différents des vins de Sancerre. Si tous les producteurs obtiennent sans exception des vins de qualité, nous apprécions particulièrement ceux du domaine Cloudy Bay et ceux d’un jeune couple belge qui exploite le domaine Clos Marguerite. Les Van Hove ont choisi de s’installer ici pour la qualité de vie et du terroir.
Les vignerons sont totalement libres, tant dans la vigne que dans les chais. Le seul régulateur est le client final. Malgré cela on retrouve des pratiques homogènes par région. Par exemple les vins de moyenne qualité sont boisés avec des copeaux de chêne français, fournis par des sociétés spécialisées comme Arôbois. Les coûts de production sont bien moins élevés. En revanche, les vins haut de gamme sont tous vieillis en fûts de chêne, principalement français.

Taille de vigne en Nouvelle-Zélande

Central Otago et Waipara

Nous mettons cap au Sud, pour rejoindre les régions les plus froides, en longeant les côtes. Nous faisons une étape dans la ville de Hamner Spring où nous nous baignons dans des sources chaudes d’origine volcanique, sous les étoiles.
Nous traversons les forêts tropicales pour atteindre la zone viticole, d’où l’on peut avoir accès en quelques minutes aux stations de ski locales. La tentation de surfer sur les montagnes sacrées des Maoris est trop forte pour y résister…
Nous visitons plusieurs domaines viticoles tels que Peregrine wines, dans un cadre naturel somptueux. Les vertes vallées sont entourées de collines à la roche marron, surplombées par des montagnes couvertes d’un manteau neigeux.
Il n’existe pas d’animaux dangereux en Nouvelle-Zélande, mais une multitude d’espèces d’oiseaux, d’herbivores et d’animaux marins. Avec plus de 60 millions d’individus, les moutons sont largement majoritaires : les néo-zélandais ne sont que 4 millions !
Dans les régions de Central Otago et de Waipara, nous dégustons les meilleurs Chardonnay et Pinot Noir. Ils y sont produits par des passionnés comme Daniel Schuster ou Mathew Donaldson de Pegasus Bay. Leur Pinot Noir atteint son apogée trois à quatre ans après la vendange. Les notes de champignon et de sous-bois se mêlent aux saveurs compotées de fruits rouges.

Malborough

De retour dans la région porte-étendard de la Nouvelle-Zélande, nous visitons un grand nombre de producteurs pour comprendre les raisons du succès mondial de leur Sauvignon Blanc. Nous assistons avec les vignerons de la région à la présentation du plan marketing mis en place par l’organisme gouvernemental « Wines of New-Zealand ». Les vignerons que nous avons rencontrés sont là pour échanger des critiques constructives, dans un vignoble où la demande est plus forte que l’offre. Leurs idées sont modernes, innovantes et efficaces.

Leur « Savi » dégage des notes fruitées et minérales, facilement reconnaissables par tout consommateur, qui peut alors atteindre le statut de « connaisseur ». C’est exactement le produit qui manque à la France pour réconcilier les jeunes avec le vin. Ses arômes fruités sont parfois même concentrés avec du jus de raisin ou du moût non fermenté. Les jeunes, dont le palais est habitué aux sodas sucrés, peuvent facilement aborder ce vin simple d’accès, au packaging moderne (étiquettes colorées et capsules à vis).
Ce sont des critiques et écrivains anglais comme Michael Broadbent, Jancis Robinson et Hugh Johnson qui ont fait découvrir le Sauvignon Blanc, aujourd’hui largement distribué dans les pays du Commonwealth (UK, USA, Australie, Canada).
Les Kiwis organisent des voyages pour la presse spécialisée. Ils médiatisent largement l’image verte de la Nouvelle-Zélande pour favoriser la venue de touristes, vecteurs de notoriété.

Bull

Le soir, nous prenons l’habitude d’accompagner notre plat de pâtes avec de l’agneau et une bouteille de vin local. En regardant la trilogie du « Seigneur des Anneaux », nous retrouvons les paysages fantastiques parcourus dans la journée.
La nuit tombe vite et nous arrêtons notre maison mobile dans un endroit que nous espérons à chaque fois plus magique. Cela nous a valu quelques frayeurs et ensablements en dérapant des collines sur des routes boueuses. Mais nous découvrons toujours des paysages magnifiques aux premières lueurs de l’aube.
Nous passons un week-end chez Hew, un oncle éloigné de Stan, fermier sur 2500 hectares. Nous visitons ses terres en 4x4, en tracteur, en quad, en buggy et au cours de randonnées au milieu de pâturages interminables. Cela fait du bien de retrouver une ambiance familiale.

Vallée en Nouvelle-Zélande

Océan en Nouvelle-Zélande

Martinborough et Hawkes Bay

La France profite d’une image de marque prestigieuse en Nouvelle-Zélande. La plupart des œnologues y ont travaillé. Nous avons constaté le succès local de beaucoup de sociétés françaises productrices de matières sèches qualitatives comme Oeneo avec son bouchon révolutionnaire Diam, Arôbois et ses chips de chêne français, Lamothe Abiet…
Selon Grant Edmonds de Sileni Estate, « construire une reconnaissance ou une marque pour son domaine coûte cher et repose essentiellement sur la relation construite avec chaque personne de son réseau de distribution. Il n’est pas rare que le dirigeant de l’entreprise passe six mois aux USA ou en Angleterre pour ouvrir un marché ». Les postes de dépense pour un domaine viticole concernent trois secteurs à parts égales : les vignes, le chai et le marketing. Lorsqu’un domaine veut promouvoir ses vins à l’export, il ne le fait pas seul mais sous la bannière des vins néo-zélandais. Celle-ci est toujours associée aux facilités touristiques pour proposer au client de vivre une expérience Kiwi.
Chaque domaine rivalise d’ingéniosité pour retenir les touristes : restaurant devant les vignes, tables de pique-nique, vinothèque ludique où l’on apprend à reconnaître des pieds de vigne, jeu des arômes dans un verre… Les exploitants ont compris qu’un touriste qui a passé un bon moment dans une winery s’en souviendra lorsqu’il choisira un vin dans les rayons.
A Mission Estate Winery, la communauté catholique Mariste excelle dans l’accueil oeno-touristique. La chapelle déconsacrée abrite le meilleur restaurant de la région, sa terrasse à l’atmosphère paisible domine Hawkes Bay, et l’ancien séminaire renferme un musée et une cave à vin.
En remontant vers Auckland, nous faisons une étape pour aller se baigner dans une rivière à 10 degrés dans laquelle vient se jeter une source d’eau thermale à 50 degrés, une expérience inédite !

Rivière en Nouvelle-Zélande

Auckland

Le camping car s’alourdit à mesure que nous visitons les vignobles. Nous déposons finalement près de 200 bouteilles, le double de notre objectif pour ce pays, chez l’agent local de JF Hillebrand.
Shayne Cox, un ancien flying winemaker qui lance sa propre ligne de vins, « Corazon », nous accueille chez lui. Nous visitons nos derniers vignobles Kiwis et les bateaux de la Louis Vuitton’s cup. Nous profitons de la vie nocturne d’Auckland en « cruisant » dans les bars branchés de la ville, avant de traverser le Pacifique pour nous rendre à Santiago du Chili.

Suivre l'aventure...

Vins des Globes : le tour du monde des vignobles !
Vins des Globes 4 : Shanghai, Nanjing et Hong Kong
Vins des Globes 5 : Tokyo et Singapour
Vins des Globes 6 : L'Australie
Vins des Globes 7 : La Nouvelle-Zélande
Vins des Globes 8 : Le Chili
Vins des Globes 9 : L'Argentine
Vins des Globes 10 : la Californie

3 commentaires

Thomas Bertrand | 04.09.05 - 17:57

désolé, je ne me rappelle plus exactement du domaine, mais j'ai bu un excellent Sémillon blanc, vendanges tardives de NZ, excellent.
Ces vins devraient être plus présent en France ! en tout cas, ils commencent à l'être au Japon...

Mimie | 30.01.06 - 20:19

Salut je viens de découvrir ton blog parce que je fais actuellement un TPE sur le vin. Je voulais te féliciter. Bravo et merci;)

wilfried | 30.01.06 - 21:04

Salut Mimi, et merci pour ton soutien ;) mais c'est quoi, un TPE sur le vin?

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