L'impact du climat sur la vigne
Le réchauffement global du climat dû aux activités humaines est avéré depuis de nombreuses années maintenant, et malgré les différentes politiques adoptées par les Etats pour réduire les émissions à effet de serre, le réchauffement se poursuit. Les activités agricoles sont bien sûr concernées en premier lieu, et parmi elles la viticulture.
En France, comme partout dans le monde, les cépages ont été lentement acclimatés, afin de trouver le meilleur compromis entre la terre et le climat. Certains cépages sont très localisés, ne donnant le meilleur d'eux-mêmes qu'à des endroits très spécifiques, d'autres étant plus adaptables et permettant d'obtenir de bons ou d'excellents résultats dans des régions climatiquement très différentes.
Un excellent article du journaliste Olivier Métral paru sur 20dalsace.com, "Réchauffement climatique : quel avenir pour la viticulture ?", fait état d'une étude* réalisée par Eric Duchêne, un chercheur à l'Unité mixte de recherche "Santé de la vigne et qualité du vin" de l'Inra de Colmar. Eric Duchêne s'est intéressé aux conséquences du réchauffement climatique sur les cépages froids confrontés à une température croissante, et à celles sur la qualité physico-chimique et organoleptique des vins issus de ces cépages. Cette étude, localisée en Alsace, permet néanmoins de dégager des conclusions pour l'ensemble des vignobles français et étrangers.
L'étude se base, entre autres, sur la température optimale pour la croissance de la vigne pour obtenir des vins de qualité (hors facteurs lors de la vinification). Au-dela de cette température, il a été constaté une diminution de la qualité des vins. Le Médoc et l'Alsace viennent tout juste de dépasser leur seuil de température optimale. La Champagne vit quant à elle sa période la plus favorable en ce moment même, et l'optimum n'a pas encore été atteint dans le Val de Loire. L'horizon 2050 devrait voir la totalité des régions gravement confrontées à un problème de qualité si rien n'est entrepris.
Un phénomène et des conséquences qui certes dans l'immédiat trouvent peu d'écho auprès des instances professionnelles des différentes régions, mais dont il faudra tôt ou tard se préoccuper : "Ça bouleverse trop de choses et les effets du réchauffement climatique apparaissent beaucoup trop lointains pour que le problème figure parmi les priorités actuelles de la viticulture. Et puis, il n'est pas facile psychologiquement d'admettre les aspects négatifs d'un réchauffement qui a contribué, ces vingt-trente dernières années, à obtenir une production de grande qualité", précise Eric Duchêne.
Souhaitons qu'il soit entendu !
* Duchêne, E. et Schneider, C. : 2005, "Grapevine and climatic changes : a glance at the situation in Alsace", Agron. Sustain. Dev. 25, 93-99.
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